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 Les soeurs Papin

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Halpachino

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MessageSujet: Les soeurs Papin   Dim 17 Aoû 2014 - 17:27

Je suis tombé vendredi soir sur cette histoire troublante que j'ignorais, un vieux fait divers qui avait fait couler beaucoup d'encre en France à l'époque. Il s'agit de l'histoire des soeurs Papin, qui a connu son tragique dénouement le soir du 2 février 1933 au Mans, et qui a inspiré bon nombre de films et d'ouvrages littéraires. Un peu comme l'histoire d'Aurore Gagnon ici au Québec, bien que les deux histoires n'aient rien en commun, sauf pour ce qui est de l'horreur qui les caractérisent.


Léa et Christine

Christine Papin a 28 ans, sa soeur Léa 22. Elles travaillent toutes les deux depuis six ans comme bonnes chez les Lancelin, une famille bourgeoise du Mans. Elles sont grandement appréciées et assez bien rémunérées même si les conditions de travail sont dures: onze heures par jour, une demi-journée de repos par semaine, et jamais les deux soeurs ensemble. Mais faut dire qu'à cette époque, ce n'était pas rose dehors, les conditions étaient dures pour à peu près tout le monde. Quoiqu'il en soit, l'atmosphère est étrange depuis quelque temps dans la maison, car Madame s'est rendue compte de quelque chose...

La famille est formée d'un couple dans la cinquantaine, René et Léonie, et de leur fille Geneviève, 27 ans, qui vit encore avec eux. Le couple a une autre fille, mariée, qui vit ailleurs.

Ce jeudi-là, le 2 février 1933, les deux soeurs ont leur charge normale de travail, elles ont de la lessive et du repassage à faire. Les bourgeois, eux, sont invités en soirée chez le frère de Madame pour dîner. Mais dès le début de l'après-midi, les soeurs sont seules dans la maison, les patronnes étant parties faire des emplettes alors que Monsieur est à son travail. La sainte famille est censée se retrouver directement chez le frère de Madame en début de soirée, sans passer par la maison. Les deux soeurs se sentent donc libres de mener la barque à leur guise.

Mais à 19 heures les femmes ne sont toujours pas arrivées. Monsieur s'inquiète, téléphone, pas de réponse. Comment ça, pas de réponse ? Les bonnes ne sont pas là ? Il y a quelque chose qui va pas, là. Il fonce à son domicile en compagnie d'un ami qui faisait partie des convives. La porte est verrouillée de l'intérieur, pas moyen d'entrer. Il recule de quelques pas pour mieux voir les fenêtres. Toute la maison est plongée dans le noir, ce qui est inhabituel à cette heure, mais en y regardant bien il aperçoit une faible lumière dans la chambre des bonnes, au troisième, comme la lueur vacillante d'une bougie. Il observe la fenêtre, immobile, tentant de comprendre. Soudain la lueur s'éteint. Les bonnes sont sûrement là. Il sonne à nouveau, frénétiquement, il tape comme un sourd dans la porte, mais en vain. Il colle son oreille contre la porte: silence total. Que se passe-t-il ?

Déboussolé, Monsieur se fait suggérer d'aller vérifier chez des amis pas loin, histoire de voir si les femmes auraient décidé d'y faire un saut, et s'y seraient attardées. Mais non. Les amis en question, intrigués à leur tour, se joignent à eux et retournent à la maison des Lancelin. Même scénario, mais cette fois, plus aucune lueur dans la chambre des bonnes. Le groupe décide de retourner chez le frère de Madame, pour voir si les femmes seraient arrivées sur les entrefaites, mais non. Monsieur téléphone à nouveau chez lui, pas de réponse. L'angoisse augmente à vitesse exponentielle. Finalement Monsieur se rend au commissariat.

Il aura fallu que les policiers escaladent le mur de la cour arrière, et défoncent une porte, pour entrer dans la maison. C'est le noir total. Avec tout ce temps perdu, il est déjà tard. Les policiers, l'arme au poing, avancent lentement dans la maison, en s'éclairant avec des lampes-torches. Il n'y a rien d'anormal au premier, ils grimpent à l'étage. Soudain le policier en tête de file lâche un cri d'horreur: un oeil git sur une marche. Le policier ordonne immédiatement au père et mari de se tenir à l'écart, de ne pas monter à l'étage. Et pour cause. Une fois à l'étage, la scène éclairée par les lampes des policiers est épouvantable. Madame Lancelin et sa fille Geneviève ont été massacrées, leurs yeux arrachés (à mains nues et du vivant des victimes, selon les rapports), leurs têtes défoncées à coups de marteau et leurs corps mutilés avec des couteaux de cuisine et des ciseaux. De toute évidence on s'était longuement acharné sur elles. Des dents et de petits fragments d'os jonchaient le sol recouvert de sang. Des éclaboussures relevées à bonne distance des corps témoignaient de la violence des coups. Les victimes étaient partiellement dénudées, les policiers ont dû les recouvrir par décence avant de prendre les photos officielles. Les visages des deux femmes avaient été particulièrement massacrés, au point de ne plus reconnaître aucun trait. Les yeux de la mère ont été retrouvés dans les replis de son foulard, qu'elle avait toujours autour du cou. Un lourd pichet en étain, retrouvé sur place, avait également été utilisé pour frapper les victimes.

Les policiers craignent maintenant de retrouver les bonnes dans le même état, ils fouillent le second étage, rien. À part la scène d'horreur tout est en ordre. Ils montent au troisième. Tout semble en ordre aussi mais ils se butent à une porte verrouillée. Ils la défoncent. À l'intérieur ils trouvent les deux soeurs bien en vie, dans les bras l'une de l'autre sur un des deux lits simples. Elles sont complètement nues sous les couvertures, et elles ont les cheveux défaits. "Qu'avez-vous fait à vos maîtresses ?" leur demande-t-on. Christine répond: "Elles ont voulu me frapper, je me suis vengée."

La nouvelle de ce double meurtre s'est répandue comme une traînée de poudre dans toute la France. Et comme on peut s'en douter, les questions laissées sans réponse n'ont fait qu'alimenter les polémiques et les commentaires. Plusieurs ont vu dans les gestes horribles des deux soeurs une révolte juste et légitime contre de riches oppresseurs qui les exploitaient honteusement. Madame Lancelin et sa fille ont même passé pour des salopes, de sales garces autoritaires qui accablaient les pauvres soeurs de tâches lourdes, sordides et humiliantes. Une bonne journée, elles en auraient eu assez et elles leur ont fait la peau. Bravo. D'autres, au contraire, se montraient sans pitié, exigeant rien de moins que la peine de mort pour "ces deux chiennes".

Le procès, une véritable farce même pour les standards de l'époque, fut bâclé en une journée et Christine fut condamnée à mort. Sa soeur cadette, Léa, fut condamnée à dix ans de travaux forcés. Jamais n'a-t-on pris en compte le passé des deux soeurs, jugées sommairement saines d'esprit, qu'on a tôt fait de comparer à des chiennes enragées qui ont sauté à la gorge de leurs bienfaiteurs, de ceux qui les avaient accueillies dans leur propre demeure, qui les nourrissaient et les payaient, alors que des masses d'honnêtes gens vivaient dans la misère. Quelques mois plus tard, la peine de mort de Christine fut commuée, par le président de la république, en une peine de travaux forcés à perpétuité, sans même que Christine ou qui que ce soit en ait fait la demande.

En fait, ce que le président n'avait pas compris, outre les motifs mêmes qui ont conduit au drame, c'est que Christine aurait préféré, et de loin, être exécutée plutôt qu'être condamnée à être séparée de sa soeur. Car la clef pour démonter tout le mécanisme de cette folie se trouve là.

Seulement, 1933 était l'époque où il était impensable de comprendre, ni même d'envisager, ce que pouvait être l'univers intérieur de ces deux soeurs. D'ailleurs, je pense que personne ne pourra en avoir une idée très précise, ou avoir une compréhension parfaite des rouages intérieurs ayant conduit à cette tuerie. Par contre, le moins qu'on puisse dire c'est que notre époque aurait certainement été mieux adaptée pour traiter adéquatement ce genre de cas. D'ailleurs, le film "Les blessures assassines", qui traite de cette histoire, va dans la bonne direction, tout en restant subtil dans sa démarche. Un film français comme je les aime.

Les soeurs Papin ont eu une soeur aînée, Émilia, la plus jeune des trois étant Léa. Émilia fut abusée sexuellement par son père, alors qu'elle était encore très jeune. Mais elle éprouvait pour lui un amour profond, inexplicable, elle ne voyait rien de mal dans ce qu'il lui faisait. La mère, une très mauvaise mère qui ne pensait qu'à s'écarter les cuisses à droite et à gauche et à festoyer, voyait d'abord ses filles comme un fardeau, et plus tard, comme un moyen de faire de l'argent facile. Les filles avaient une profonde aversion pour leur mère, sauf Léa, la plus jeune. Quant au père, il n'aimait sa femme que pour la baiser, comme les autres mecs du coin. Les beuveries et les bagarres s'enchainaient les unes aux autres, avec les filles cachées sous les meubles quand ça bardassait dans le taudis minuscule et infect qui leur servait de résidence. La mère n'hésitait pas à s'emparer d'un couteau pour menacer le bonhomme, qui avait peine à tenir debout tellement il était saoul, et qui se consolait avec sa petite Émilia quand l'autre claquait la porte pour aller s'éclater avec les autres roméos. Celle-là même qui aimait dire à sa fille Christine: "Toi, pour sûr, on ne t'a pas appelée Désirée !"

Une fois le divorce prononcé et le père écarté du décor, la mère, sous prétexte qu'elle ne pouvait subvenir aux besoins de ses enfants, envoya ses deux aînées à l'orphelinat du Bon Pasteur, qui faisait également office de maison de correction. C'était une institution extrêmement dure, qui accueillait des filles provenant de milieux où ça ne sentait pas la rose, des fugueuses, des rebelles, des filles ayant commis de petits larcins, des délurées, de pauvres filles victimes de viol aussi, et qu'on culpabilisait, il y avait de jeunes filles non désirées, abandonnées, des filles "qui ont connu la vie", selon l'expression consacrée de l'époque, ou encore des filles qui avaient eu des rapports amoureux réprouvés, etc, bref, la clientèle était vaste. La discipline était faite pour remettre toutes ces filles "dans le droit chemin", et élaborée de façon à "casser les petits caractères". Les punitions étaient très cruelles, et souvent physiques. Les fautives étaient entièrement dénudées, et fouettées. On leur plongeait la tête dans des seaux remplis d'eau froide. On leur faisait grimper des escaliers à genoux. D'autres étaient carrément passées à tabac, puis douchées à l'eau très froide, puis tondues à ras et jetées au cachot pendant un mois. Les filles subissaient toutes sortes de bontés dans ce goût-là. Il arrivait aussi que les filles se battent entre elles, parfois très durement, pour être ensuite sévèrement punies. L'atmosphère n'était pas tellement portée sur la douce compréhension mutuelle et le dialogue chaleureux.

Et, évidemment, il y avait les abus sexuels sur certaines pensionnaires. On croit qu'Émilia fut l'une de celles-là. D'abord très proche de Christine, qu'elle protégeait des autres filles, elle devint de plus en plus distante, pour finalement annoncer qu'elle avait choisi de devenir religieuse. Plus tard, elle se mura dans un silence absolu, plus personne ne pouvait lui parler, et elle sombra dans l'oubli. Christine se tourna alors vers Léa, et se promit de ne pas lui faire subir le même sort.

Elle voulut d'abord protéger Léa de sa propre mère, qu'elle savait indigne. Cette protection se développa en un attachement très fort, sûrement anormal, et la pauvre Léa devint totalement soumise à sa soeur. Ce qui s'est passé entre les deux, avec ce repli de plus en plus prononcé l'une sur l'autre, est difficilement explicable. Quand elles ont été engagées toutes les deux dans la même maison pour faire la cuisine et le ménage, on leur a donné une chambrette au troisième avec deux lits simples, et très tôt les deux soeurs se sont retrouvées dans le même lit. Il y a eu tout un concours de circonstances physiques et psychologiques qui ont fait que les deux soeurs ont fini par tout partager, jusqu'à leur plus stricte intimité.

Sauf que dans la maison, il y avait deux autres femmes, et si le bonhomme n'y voyait que dalle, les femmes on ne leur en passe pas si facilement. Avec le temps, on croit qu'elles ont dû se rendre compte de certaines choses, et en discuter entre elles. Une version proposée par le film, et qui se base peut-être sur un témoignage, je ne sais pas, veut que la patronne soit entrée dans leur chambrette à leur insu pour fouiner. Et qu'elle se soit rendue compte, en examinant les lits, que seul un des deux lits était utilisé. En 1933, l'homosexualité était fortement réprimée, même par la loi, et l'homosexualité entre deux soeurs, même de nos jours, est quelque chose d'assez inconcevable.

En recoupant ces informations avec le compte-rendu des événements tels que décrits à l'époque du carnage, on se rend vite compte que le puzzle prend soudainement tout son sens. Cette journée-là, dans l'après-midi, la mère et la fille sont sorties faire des emplettes, elles peuvent donc parler librement. Elles savent que les soeurs savent qu'elles ne doivent rentrer que tard le soir, après la soirée chez le frère de Madame, et elles ont soudainement une idée: surprendre les deux soeurs. Et curieusement, cet après-midi-là, le sort a voulu que le fer à repasser, qui venait pourtant d'être réparé, fasse sauter les plombs, plongeant les deuxième et troisième étages dans le noir. D'abord désemparée, ne sachant pas trop comment régler cette situation, Christine décide de mettre un terme à la journée de travail, qui était d'ailleurs presque terminée. En effet, les filles avaient travaillé très fort pour pouvoir finir plus tôt et avoir plus de temps libre. Donc, à la lueur d'une bougie, elles montent dans leur chambrette et se foutent à poil. Non sans avoir pris le temps de se préparer une petite bouffe qu'elles ont montée dans une assiette. Alors qu'elles sont au lit, l'une d'elles entend soudainement du bruit dans l'escalier qui mène au second, comme quelqu'un qui marche sur la pointe des pieds. Christine se lève d'un bond et enfile un peignoir en vitesse, puis elle file dans l'escalier qui mène du troisième au second.

Les trois femmes se retrouvent face à face au second palier, dans la pénombre, et une discussion animée s'ensuit. On peut facilement imaginer quelque chose qui ressemble à ça:

Christine: Que Madame m'excuse je ne l'avais pas entendue rentrer.
La mère: Mais comment ? Il n'y a plus d'électricité au second ?
Christine: Le fer a fait sauter les plombs.
Geneviève: Nous venons juste de le faire réparer !
Christine: Ma soeur a eu à peine le temps de le brancher...
La mère: Où est-elle ?
Christine: En haut.
La mère: Vous n'avez plus de travail en bas ?
Geneviève, s'adressant à sa mère à voix basse: Elle a les pieds nus.
La mère: Qu'est-ce que c'est que cette tenue ?
Christine: Ma soeur a eu un malaise. Comme Madame ne rentrait pas pour dîner nous sommes montées de bonne heure.
La mère: À six heures, sans avoir fermé le robinet du gaz ni les volets de la cuisine ?
Christine: Mais je comptais redescendre Madame.
Geneviève: Si vous vous étiez couchées, c'était pour dormir, non ?
Christine, ignorant Geneviève: Puisque Madame fait une histoire pareille nous quitterons la maison.
La mère: Pas si vite Christine. Vous êtes encore chez moi.
Christine: Nous partirons ce soir. Nous trouverons une autre place.
La mère: Peut-être pas de sitôt ma fille. Je veux entendre votre soeur.
Christine, empêchant la mère de monter et haussant le ton: Je vous ai dit qu'elle avait eu un malaise !
La mère: Ahhhhh..... Vous nous avez abusés.... avec vos airs de sainte nitouche.... vous me répugnez....
Christine: Taisez-vous !
La mère: J'ai eu trop longtemps la vue courte.....

S'ensuivit probablement une empoignade, et luttant seule contre deux femmes, Christine s'empara du pichet en étain qui était posé sur une petite table tout près et frappa les deux femmes violemment à la tête. Dans tout ce brouhaha, Léa est descendue et s'est portée à la défense de sa soeur. La suite a tourné au carnage.

En prison, séparée de sa soeur, Christine sombra dans la folie. Enfermée par la suite dans une institution psychiatrique, elle se replia sur elle-même, muette, refusant de s'alimenter. Elle mourut en 1937 des conséquences de sa malnutrition. Léa vécut jusqu'en 2001 dans la région de Nantes, seule depuis la mort de sa mère en 1957.

Je suis resté longtemps, les bras croisés, à penser à cette histoire. Devons-nous prendre parti pour les uns, ou pour les autres ? Là n'est pas la question. Non, cette histoire n'a fait que me rappeler que même à mon âge, j'ai souvent tendance à juger trop vite, sans discernement ni perspective, un vrai con. Je sais pas, je suis peut-être dépressif mais n'empêche que cette histoire, je la trouve riche. Riche d'humanité, malgré toute l'horreur qu'elle met en avant-plan. Nous sommes des êtres humains, non des robots, nous pensons vivre selon une certaine logique mais il n'en est rien. Nous agissons souvent dans le seul but de survivre, et de trouver un peu de réconfort.

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~{Pandora}~

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MessageSujet: Re: Les soeurs Papin   Lun 1 Sep 2014 - 14:19

J'ai cherché l'histoire sur le net et c'est assez spécial... Il y avait sûrement un problème de santé mentale sous-jacent. Elles se sont vraiment acharné sur les 2 victimes et les ont massacré.

Ici c'est le procès de Magnotta qui risque d'attirer l'attention dans les prochaines semaines.

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